Entreprise : les Emotions au coeur des compétences​

Par Sandra Pélisson

Résumé

Certaines entreprises ont encore du mal à voir la place des émotions dans le milieu de travail. Pourtant, les recherches scientifiques prouvent qu’elles ont un rôle majeur dans l’épanouissement et la productivité des êtres humains. Stress, démotivation, tensions, conflits… Toutes ces préoccupations qui font l’actualité et le quotidien des organisations soulèvent la même question : comment utiliser les émotions de façon réaliste, adaptée et écologique pour tous ? En permettant aux dirigeants, aux managers, mais aussi aux collaborateurs, de développer leurs compétences émotionnelles et relationnelles. Pour eux, envers les autres, au profit de l’entreprise. Grâce à des programmes de formation sur les émotions, l’Entreprise peut désormais capitaliser de manière durable et profitable sur ses Hommes, tout en veillant à leur bien être et leur santé.

   

« Emotions, vous avez dit émotions ? »

En entreprise, les émotions ont longtemps été « taboues » car souvent interprétées comme signes de défaillance. Aujourd’hui, elles apparaissent comme des compétences indispensables pour évoluer dans un environnement en perpétuel changement, de plus en plus stressant. Pour preuves, les recherches en neurobiologie montrent le lien direct entre « L’intelligence émotionnelle » (*) et la santé physique et mentale au travail. Elle aide à la gestion des conflits. Elle conditionne notre créativité, notre motivation et notre capacité à prendre des décisions. Elle permet aux managers de savoir faire face aux comportements de leurs collaborateurs et de gagner en leadership.

 

Gagner en efficacité

On estime à 30 % l'improductivité liée à une mauvaise gestion des émotions. Les causes principales sont la baisse de motivation, le temps perdu dans la gestion de conflits, les résistances liées au changement, l'absentéisme et les accidents liés au stress. Aux yeux des chercheurs en neurosciences, il apparaît que le seul le QI ne suffit pas. Développer sa compréhension et sa gestion des émotions, capitaliser sur leurs fonctions positives permet de développer son QE (quotient émotionnel), vecteur majeur de la réussite professionnelle et de l’épanouissement social. Pour les managers, l’intelligence émotionnelle permet d’accueillir plus sereinement les frustrations de leurs collaborateurs, de connaître les leviers de leur énergie et de leur productivité. En effet, certaines tâches ne peuvent être effectuées de manière optimale que si les émotions sont calmées, accueillies ou même exprimées.

 

Protéger la santé, favoriser le bien être au travail

A la question « Favoriser l’expression des émotions… est-ce vraiment la place de l’entreprise ? ». La réponse est « oui, en partie ». Surtout si elles « incapacitent » ou mettent en danger un salarié. Mais bien au delà de la des obligations liées à la prévention des risques psychosociaux, c’est aussi une question d’éthique et de politique RH. Considérer les émotions de ses salariés, leur offrir un espace d’expression est devenu une priorité pour beaucoup d’organisations. Sophrologues ou thérapeutes internalisés, service hotline, groupes de parole, analyse des pratiques… Ces nouveaux dispositifs ont fait leur apparition ces dix dernières années dans les entreprises et visent à favoriser le mieux être des collaborateurs. Certains managers, qui sont quotidiennement au carrefour des émotions, bénéficient d’un parcours de coaching émotionnel individuel. Et si les entreprises ne sont pas encore prêtes à investir dans des journées « joie et plaisir au travail » comme nos cousins américains, force est de constater qu’elles déploient davantage des programmes de formation destinés à développer les compétences émotionnelles de leurs ressources humaines.

 

Préserver le climat, garantir le retour sur investissement

Les émotions conditionnent notre efficience et nos comportements. Elles impactent également nos relations au travail et aux autres. Et plus l’entreprise est en concurrence ou en mouvement, plus elle attise les sentiments qui peuvent nuire au climat et à la productivité des Hommes. Se former à l’intelligence émotionnelle et relationnelle consiste à mieux comprendre les émotions et leurs fonctionnements, pour mieux les accompagner et les gérer plus efficacement. En trois mots : décrypter, analyser, ajuster. Avec un peu de théorie, mais surtout de la pratique et du « sur mesure », deux jours de formation permettent de booster les compétences émotionnelles et relationnelles. Nous le devons à la plasticité du cerveau humain qui permet de progresser rapidement. Et contre toute idée reçue, alors que le QI se stabilise à 25 ans pour se dégrader quelques années plus tard, le quotient émotionnel, lui, est exponentiel. Et la bonne nouvelle est qu’il peut se développer facilement et durablement.

Sandra Pélisson

Consultante et formatrice en relations humaines

Formée à l’Ecole des intelligences émotionnelles et relationnelles

 

 

(*) L’intelligence émotionnelle est un concept popularisé par le psychologue américain Daniel Goleman, auteur de « L’intelligence émotionnelle au travail »